
Un drame s'était abattu hier soir au ciné 13 Théâtre...
Georges, le maître de cérémonie du
Festival Mises en Capsules, était absent. Son costume pendouillait à sa chaise vide, tel un pantin désarticulé. Pour quelle raison notre glorieux MC avait-il déserté sa chaise ? Maladie ? Accident ? Vexations subie jeudi soir ? Abus de punch ? Nous ne disposons pas encore d'informations...
Heureusement, avec la dextérité mentale qu'on lui connaît, Benjamin Bellecour, directeur bien aimé et omnipotent du festival, avait déjà trouvé la parade.

Un seul homme pouvait en effet remplacer au pied levé Georges dans sa tâche : Laurent Ferraro, étoile montante de la mise en scène, issu du fameux
Superhumain Grand Colossal Théâtre, gang pourvoyeur de comédiens qui ramonent dur, tripotent vilain et déboîtent sévère. Sa mise en scène de
pétrifiée, lors de la toute première édition du festival avait - on s'en souvient - reçu de nombreux prix, et permis au régisseur du théâtre de vérifier qu'il n'était pas dyslexique. Mais ce pilier de "radiocapsules" était ce soir-là avec sa troupe, en pleine ascension de la dent du guignol, glacier célèbre qu'il attaquait par la face nord, dans le cadre du training camp littéraire qu'il avait organisé pour améliorer la résistance physique des comédiens retenus pour sa prochaine mise en scène.
Ne reculant devant aucun sacrifice, Benjamin Bellecour, directeur indispensable et révéré du festival, quitta à regret le concert de musique folklorique auquel il assistait en compagnie de sa petite amie, appela son banquier pour casser immédiatement son PEL et envoyer un hélicoptère de la marine nationale récupérer notre sauveur.

Nous jetterons un voile pudique sur la conversation qui eut lieu entre le pilote de l'hélicoptère et notre sauveur - ils avaient fait leur service militaire ensemble en Afrique de l'ouest - et sur la négociation financière qui eut lieu par radio avec la direction du festival. Salomé Lelouch, directrice du ciné 13 théâtre, prévenue par câble, dût interrompre l'interview qu'elle accordait à une revue scientifique américaine pour jouer les intermédiaires. Une solution fut trouvée dans le taxi qui ramenait, in extremis, notre sauveur de la piste d'atterrissage des Batignolles. (Il est possible que les compagnies voient leurs défraiements légèrement réduits à la suite de cet incident, nous vous appellerons...)
Le soir, près de la chaise d'arbitre, où le fantôme de Georges flottait encore, Laurent Ferraro a livré une prestation en tous points exceptionnelle, et - avec la bonhomie et le sens de la formule qu'on lui connaît - a su mettre le public du festival dans les meilleures conditions possibles pour kiffer grave. Son époustouflante démonstration de masque en a laissé plus d'un sur le carreau. Remercions-le pour sa magnificence physique et sa technique de yoga mental qui restera, nous en somme sûr, dans les annales du festival.
Nous espèrons néamnoins le retour de Georges, dans les plus bref délais et vous tiendrons au courant.
De notre envoyé spécial, André Cuvellier, pour Radio Capsules.